Sclerocactus wrightiae et fourmis rouges

Il y a quelque chose de terrifiant à voir un bataillon de fourmis d’une couleur flamboyante ingurgiter de manière frénétique les boutons floraux d’un spécimen de Sclerocactus wrightiae. C’est au cours de cette année 2017 que j’ai été amené à constater la voracité des fourmis – ou de certaines fourmis – pour les fleurs et les bourgeons floraux de ces cactées. 

J’avais entendu parler de ce phénomène il y a quelques années déjà et j’avais observé sur de nombreux spécimens de Sclerocactus – plus d’une fois notamment sur l’espèce parviflorus très répandue mais aussi en 2014 sur l’espèce glaucus un peu plus rare et très localisée – que l’extrémité de leurs boutons floraux sur le point de s’ouvrir avait été sectionnée, comme décapitée. Parfois, c’était toute la moitié du bourgeon floral, avec étamines et pistil, qui avait disparu. La découpe de cette décapitation n’était jamais nette, mais toujours irrégulière. Je soupçonnais quelques insectes d’être à l’origine de ces grignotages méthodiques, mais sans jamais prendre ces derniers sur le fait. Cette fois, je les ai vus à l’œuvre. 

Je ne connais que peu de choses à propos des fourmis sinon que la plupart sont omnivores, particulièrement attirées par tout ce qui est sucré, et qu’elles s’adaptent sans difficulté aux ressources que leur procure leur milieu de vie. Nous sommes à la fin du mois d’avril, en pleine période de floraison des Sclerocactus wrightiae. Le spécimen photographié ci-dessus se trouve dans un secteur aride de l’ouest du San Rafael Swell en Utah. Dans ce petit coin de désert où insectes et graminées sont rares, des bourgeons floraux sur le point de s’ouvrir exsudent du nectar afin d’attirer les pollinisateurs. Toutes les pièces florales représentent par leur texture, leur turgescence, un formidable festin. Dans leur quête de nourriture, ces fourmis n’ont-elles pas été attirées par le très léger parfum qu’exaltent habituellement les fleurs de wrightiae sur le point de s’ouvrir ? Dans le genre Sclerocactus, les espèces qui produisent des fleurs légèrement parfumées sont les espèces glaucus, polyancistrus, wetlandicus et wrightiae

On remarque sur la macro photo ci-dessus que ce wrightiae porte distinctement sept boutons floraux, les uns plus nettement décapités, « consommés », que d’autres. Le dernier de ses boutons, encore bien visible, est à son tour pris d’assaut. Il va disparaître bien vite. En moins d’une journée, l’apex de ce petit cactus sera entièrement « nettoyé ». Ce spécimen est apparemment en pleine santé. On peut supposer qu’il le restera malgré et après la razzia de ces fourmis sur une partie de son intégrité. Mais il ne pourra pas contribuer – cette saison pour le moins – à la propagation de son espèce.

Les fourmis qui nous intéressent ici pourraient être de l’espèce (qui s’en rapproche le plus) Pogonomyrmex barbatus, appelées aussi fourmis rouges moissonneuses très répandues et communes dans tout le sud-ouest des Etats-Unis (Arizona, Californie, Nevada, Nouveau-Mexique, Texas, Utah). Avant de pouvoir observer sur la tige de ce Sclerocactus wrightiae leur va et vient fébrile et méthodique, ainsi que la redoutable efficacité de leurs puissantes mandibules, je n’imaginais pas qu’une telle interaction destructrice puisse exister entre ces insectes et ces cactées. Avais-je cependant assisté à un cas particulier ? Un peu plus loin, à moins d’une centaine de mètres, je pouvais voir d’autres spécimens de wrightiae dont l’un, photographié ci-dessous, était lui aussi en proie à une razzia identique et frénétique. 

A la vue de ces photographies, on ne peut pas ne pas remarquer les différences d’aspect entre ces deux wrightiae. Ces cactées se trouvent dans le San Rafael Swell, en bordure de l’une des nombreuses pistes de terre battue qui bordent le versant sud de l’Interstate 70. On est au cœur de la zone de distribution de Sclerocactus wrightiae. Dans cette immensité, il se trouve cependant quelques secteurs géographiques assez localisés où peuvent s’observer deux phénomènes qui touchent particulièrement cette espèce. D’une part sa propre et assez grande variabilité, un peu à l’image de celle que montre l’espèce parviflorus, mais dans un espace géographique beaucoup plus restreint que celui occupé par cette dernière. D’autre part, son hybridation plus ou moins prononcée selon les spécimens avec l’espèce parviflorus. Montrant des couleurs d’épines et de fleurs propres à celles de l’espèce, le premier spécimen semble plutôt illustrer la variabilité des wrightiae. Sa couverture d’épines est nettement plus fournie (en nombre et longueur d’épines) que celle habituellement observée sur les wrightiae, de même que sa tige est plus élancée et moins aplatie ou déprimée à son sommet. 

Le second spécimen photographié semble, lui, ne pas montrer d’hybridation. On remarque surtout que sa tige plus aplatie, avec une dépression marquée à son sommet, porte des tubercules plus développés, plus arrondis, que ceux que montre le premier spécimen. Ses épines radiales sont aussi moins nombreuses, au nombre de 7 à 8 par aréole alors que ce nombre peut aller de 5 à 10. Son épine centrale abaxiale la plus longue, également blanche, est bien terminée par une pointe en hameçon dont l’extrémité est toujours brunâtre à noirâtre. Son épine centrale adaxiale, blanche elle aussi, a comme il se doit une forme nettement aplatie sur presque toute sa longueur, tout en étant parfois légèrement coudée.

 

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Sclerocactus et open range

Photographié ci-contre en 2012 à proximité des Monts Confusion dans le comté de Millard en Utah, ce Sclerocactus spinosior n’existe plus. De même que n’existent plus toutes les herbes basses et les graminées qui l’entourent sur cette photographie. A cet endroit, la terre est désormais piétinée, rappée, presque nue. Un spectacle que j’étais bien loin d’imaginer en préparant mon voyage de 2017. Je m’étais dit que ce serait une joie de revoir le site que j’avais découvert en 2012. Ce spinosior et la vingtaine d’autres qui s’y trouvaient avaient alors fait mon bonheur. Ils poussaient loin d’une route ou même d’une piste en terre battue, dans une zone éloignée de toute présence humaine mais, malheureusement, pas de celle de bovins en liberté à la recherche de leur pâture. Comme beaucoup de petits cactus, mais aussi d’autres végétaux plus rares encore que certains Sclerocactus, ce spécimen de spinosior est une des victimes de l’open range. Plus précisément, une victime des dégradations qu’entraîne un open range outrancier. 

Aux Etats-Unis, dans de nombreuses régions agricoles, l’open range désigne de grandes étendues de terres à pâturage sur lesquelles paisse du bétail en toute liberté. Ce bétail peut appartenir à un ou à plusieurs fermiers dont les terres ne sont pas clôturées entre elles sauf à leurs limites extérieures. Le bétail de ces fermiers se trouve donc en complète liberté d’y circuler, de jour comme de nuit, y compris sur les routes parfois très fréquentées qui les traversent mais qui, elles, ne sont protégées par aucune clôture ou barrière empêchant le bétail de les emprunter ou de s’y tenir. D’où la présence le long de ces routes de panneaux avertissant les automobilistes du danger que peut représenter ce bétail éventuellement présent sur la chaussée. 

Cet open range s’apparente aujourd’hui encore à une institution, à une tradition. Elle remonte à l’afflux de colons européens émigrant vers les Etats-Unis à partir des années 1850/1860 et à une loi de 1862 (Homestead Act) visant à aider ces colons à s’installer sur des terres qui devaient leur permettre d’en vivre. La délimitation des terres agricoles ne pouvant se faire aisément compte tenu de cet afflux toujours croissant de colons, les fermiers de nombreux états prirent l’habitude de laisser paître leur bétail librement sur de vastes étendues leur appartenant, de fait mises en commun, après avoir toutefois marqué leurs bêtes. En 1874, l’apparition du fil de fer barbelé permit une stricte délimitation des terres agricoles et limita considérablement la pratique de l’open range qui perdure néanmoins encore dans nombre de zones rurales. 

Piétinements et coups de sabots peuvent être dévastateurs et laisser d’horribles traces sur la tige des cactus. Comme sur ce spécimen de Sclerocactus wrightiae photographié ci-dessus non loin des limites nord du Parc National de Capitol Reef, dans le secteur sud-ouest du San Rafael Swell en Utah. La liberté laissée à des bovins en quête de pâture et l’absence totale de clôture les amène souvent à errer sur des sols qui n’ont rien d’une terre à pâturage et qui, comme ici, s’apparentent plutôt à celle de badlands. Mais c’est dans ce type de sols que poussent précisément les wrightiae. Des sols alluvionnaires toujours à fine texture, souvent chargés en coquilles d’huitres et coquillages fossilisés ou, comme sur cette photographie, des sols d’origine sédimentaire qui montrent aussi une fine texture, un peu sablonneuse, légèrement gypseuse et saline, plus ou moins chargée en petits graviers.

On peut voir dans ce sol souple l’empreinte des sabots qui ont amputé presque la moitié de la tige de ce spécimen. Ce wrightiae a eu la chance de ne pas être déterré par ce mauvais coup de patte. Il porte encore ses fleurs et portera sans doute des fruits. Mais on peut craindre que se soient les derniers, car l’importante blessure qui atrophie désormais sa tige ne lui permettra pas de survivre encore plusieurs saisons. Il finira par se dessécher comme cet autre spécimen de wrightiae photographié ci-dessous, à la tige effroyablement écrasée, du côté de Notom, aux portes de ce même Parc National de Capitol Reef.

Comme beaucoup d’autres cactus du fait de leur rareté, Sclerocactus wrightiae a souvent fait l’objet d’études destinées à mesurer l’impact que pouvaient avoir différentes menaces sur sa survie (sécheresse et dérèglement climatique, insectes ravageurs, cueillette illégale, véhicules tout-terrain, libre pâturage). Ainsi, en août 2008, le Service Américain de la Pêche et de la Nature de l’Utah (U.S. Fish and Wildlife Service Utah Field Office) publiait une enquête de plusieurs années consacrée à la préservation de cette espèce dans divers secteurs de sa zone de répartition en Utah (Wright Fishhook Cactus (Sclerocactus wrightiae L. Benson) 5-Year Review: Summary and Evaluation). Cette enquête observait notamment que le nombre de spécimens de toute taille était en diminution dans les limites du Parc National de Capitol Reef où perdure l’open range, alors qu’il se trouvait en progression dans les secteurs n’étant pas en pâture. Les spécimens adultes de plus grande taille étaient plus nombreux à être déterrés et détruits dans les zones en pâture, ces spécimens n’étant souvent plus protégés par une végétation de buissons eux-mêmes pâturés. Cette destruction entraînait par ailleurs une floraison plus limitée dans ces zones avec pour conséquence une diminution du potentiel de reproduction de l’espèce. Cette enquête concluait que Sclerocactus wrightiae devait conserver son classement d’espèce « en danger d’extinction » dans toute ou partie de sa zone de répartition. 

Aujourd’hui, la liste rouge (The IUCN Red List of Threatened Species) des espèces menacée tenue par l’UICNInternational Union for Conservation of Nature, range Sclerocactus wrightiae parmi les espèces « quasi menacées » (« Near threatened »). Aux menaces citées précédemment toujours d’actualité s’ajoute son hybridation grandissante avec Sclerocactus parviflorus, hybridation dont l’ampleur au début des années 2000 n’était pas encore très bien mesurée.

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Sclerocactus wrightiae, San Rafael Swell, Utah

Il arrive parfois de rencontrer des spécimens de Sclerocactus en piteux états, saccagés, morts. Les causes peuvent être multiples. Une plante parvenue tout simplement à sa fin de vie, la destinée de tout organisme vivant. Une blessure fatale infligée par le sabot d’une bête à cornes pâturant en open range. L’action d’animaux fouisseurs capables de déterrer de petites plantes pour accéder à l’humidité contenue dans leur tige ou dans leurs racines. Ou encore les dévastations d’insectes ravageurs, tel le scarabée foreur Moneilema semipunctatum à l’origine de multiples dégâts sur de nombreuses cactées, en particulier des Sclerocactus. On pourra sur ce dernier point se reporter utilement à l’article toujours d’actualité de la botaniste Dorde Wright Woodruff, The cactus and the beetle, paru en 2010 dans la revue Segolily, Newsletter of the Utah Native Plant Society.wrightiae0109-2009

Les tissus de la tige de ces cactées moribondes sont très vite desséchés par l’air sec, les vents incessants, le soleil, avant d’être réduits en poussière. Reste la couverture d’épines, à l’image ci-dessus de ce vestige de Sclerocactus wrightiae photographié en avril 2009 aux abords de la barrière rocheuse du San Rafael Reef. La plante vidée de ses tissus a vu ses épines désormais inutiles s’entrecroiser pour former un espace grillagé, une cage désuète traversée par le souffle du vent et la lumière du soleil. A l’intérieur, le vide le plus souvent, à moins qu’une araignée opportuniste y ait élu domicile. Provisoirement. Car ce fragile enchevêtrement est immanquablement appelé à très vite s’écrouler. parviflorus442-2009

Dans une ultime étape, il arrive que Dame Nature conserve à la surface du sol une coupe transversale « à ciel ouvert » d’une tige et de sa structure interne. Une empreinte qu’il est rare de voir, car appelée elle aussi à très vite disparaître. La photographie ci-dessus permet de mener une rapide autopsie. Au plus près du cercle d’épines se trouve la partie la plus large, la plus épaisse de la tige. S’y concentrait son mucilage, masse de cellules en charge de stocker l’eau et composées de glucides. C’était le cortex parenchymateux. Le centre de la tige est occupé par un cercle aux épaisses parois, ici de couleur plus claire très visible. Cet ensemble assurait la circulation de la sève dans la plante. Ces parois sont les restes de fibres de xylème et de phloème qui entouraient et protégeaient la moelle, masse des tissus cellulaires centraux.

C’est à proximité de ces vestiges qu’il faut chercher les générations nouvelles. Leur présence  au plus près des restes de leurs plantes mères peut s’expliquer morphologiquement. La situation apicale des tubes floraux des Sclerocactus positionne les fruits au sommet de leurs tiges. Ces fruits, une fois séchés sur la plante, voient leur fragile enveloppe se déchirer et s’entre-ouvrir. Sur les Sclerocactus wrightiae, la déchirure de l’enveloppe des fruits se produit horizontalement à leur base ou à proximité de leur base. Ce phénomène appelé déhiscence conduit à une libération des graines qui sont dispersées le plus souvent par l’eau et le vent.

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Très souvent cependant, certaines de ces graines sont immédiatement coincées dans l’enchevêtrement d’épines qui protègent le haut de la tige et l’apex. Si pluies et vents vont être effectivement les plus sûrs moyens de leur dispersion, quelques-unes de ces graines peuvent rester entravées et bloquées au sommet des plantes, à la base des épines. Et ne se trouver libérées que lors d’une issue fatale. Une nouvelle génération peut alors apparaître si le pouvoir germinatif de ces graines le permet. Sur la photographie ci-dessus prise également dans le désert de San Rafael, un spécimen de Sclerocactus wrightiae déterré à côté duquel on découvre une tige juvénile, à peine plus large qu’une pièce de 1 cent américain (Ø = 1,9 cm). wrightiae0053-2009

Le plus surprenant est que cette cactée encore bien juvénile ait pu passer ses toutes premières années au milieu de nulle part, sur un sol ras, bien loin d’une plante protectrice sous le couvert de laquelle il n’est pas rare de trouver de telles cactées, protégées du vent et surtout d’un soleil brûlant au cours de leurs plus jeunes années. Voilà un spécimen pour le moins déjà bien préparé à affronter les affres et les tourments du désert.

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Quelques aspects de leur phénologie

Les espèces du genre Sclerocactus stricto sensu se sont remarquablement adaptées à leur environnement en dépit de quelques handicaps qui touchent de près leur phénologie (chronologie des événements, des étapes ou des rythmes périodiques propres à la vie d’un végétal tels que la formation de boutons floraux, la floraison, la fructification, la libération des graines,…).

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1/ Toutes les espèces du genre poussent lentement. Cette pousse lente souvent rencontrée dans les situations d’endémisme est loin d’être négligeable même si, à la différence d’autres genres de Cactacées, les Sclerocactus stricto sensu ont la particularité de fleurir assez jeunes. Cependant, sur de nombreux sites où nous nous trouvions au moment de la floraison, il n’était pas rare de trouver des boutons floraux dont une grande partie (quand ce n’était pas la quasi-totalité) se trouvait consommée sans doute par de petits herbivores, mettant à mal les capacités reproductives des spécimens concernés.parvif-Arches-129-2002

2/ Toutes les espèces du genre présentent une dispersion peu performante de leurs graines. La situation apicale des tubes floraux positionne les fruits au sommet des tiges. La déhiscence de ces fruits conduit à une libération des graines presque immédiatement entravées par l’enchevêtrement d’épines masquant cette tige. Nombre de graines y restent emprisonnées alors que pluies et vents restent les plus efficaces pour entraîner leur dispersion. A propos de l’espèce wetlandicus, Vincent J. Tepedino précise que son « fruit développe depuis sa base une ligne de suture dont les parois s’écartent pour laisser les graines s’amonceler en une petite pile à la base des épines au sommet de la plante. De fortes averses de pluies projettent les graines sur le sol et semblent être la principale méthode de dispersion des graines ». (Reproductive biology, hybridization and flower visitors of rare Sclerocactus taxa in Utah’s Uintah Basin, V.J. Tepedino, T.L. Griswold, W.R. Bowlin. 2010. Western North American Naturalist 70(3)).wetland-Ouray-0160-2014

3/ La plupart des espèces du genre forment des petites populations de spécimens isolés à très isolés les uns des autres, quand ces spécimens ne sont pas eux-mêmes qualifiés de rares. Ce qui amène à penser que le genre Sclerocactus stricto sensu disposerait d’un potentiel de reproduction plutôt faible, même si certaines espèces (parviflorus, polyancistrus, spinosior ssp. spinosior, …) peuvent ne pas être rares mais simplement dispersées sur de grandes distances au sein de territoires eux-mêmes immenses. Dans ce cas, l’espèce est largement répartie mais peu de spécimens sont observés au km². Situation préjudiciable à une large pollinisation et à une plus large répartition tout en favorisant éventuellement des phénomènes de variabilité comme ceux observés principalement pour l’espèce parviflorus.

4/ Les semences des Sclerocactus ont la particularité de conserver leur pouvoir végétatif sur plusieurs années. Mais il est bien admis aussi que la germination de ces graines est épisodique. Et plus une durée de dormance peut être longue, plus elle est susceptible de voir des évènements imprévus et dévastateurs anéantir tout un potentiel de nouvelle population. Peu d’études spécifiques éclairent ce sujet.mesae-verdae-Shiprock-2461-2014 Cependant, le dossier Mesa Verde Cactus Recovery Plan préparé en 1984 par Kenneth D. Heil pour le U.S. Fish and Wildlife Service d’Albuquerque au Nouveau-Mexique livre quelques observations intéressantes bien que limitées à cette espèce. Selon cette étude, chaque spécimen adulte de S. mesae-verdae produirait en moyenne 20 et 30 graines par fruit, soit de l’ordre de 200 par an. Dispersées dans des conditions plus ou moins satisfaisantes et après une période de dormance pouvant durer 2 à 4 ans, on estime que c’est moins de 10 % de ces graines qui vont pouvoir germer, ce qui est un taux très bas. Cette germination est elle-même épisodique, nécessitant des conditions climatiques les plus favorables, des printemps suffisamment pluvieux suivis d’été chauds et secs. Or, des évolutions climatiques en dents de scie affectent sensiblement le développement de ses populations naturelles. Alors que des années aux printemps pluvieux assurent à celles-ci un développement marquant, les années beaucoup trop sèches qui suivent ne permettent pas à un grand nombre de plantes encore juvéniles de survivre. Une mortalité pouvant être élevée détruit ce que les années précédentes ont apporté.wrightiae-Notom-042001cL’énumération de ces handicaps aide à comprendre la grande fragilité de ces cactées au sein même de leurs territoires. Fragilité d’autant plus forte que s’y ajoutent toutes les menaces issues ou non d’activités humaines qui ne se limitent pas aux recherches minières ou pétrolières, à l’expansion des zones urbaines ou des terres agricoles, aux destructions causées par du bétail pâturant en open range. au surpâturage facilitant l’établissement de plantes invasives ou encore au parasitisme d’insectes ravageurs tel le scarabée foreur, Moneilema semipunctatum. Voir à propos de cette dernière menace l’article de Madame Dorde Wright Woodruff, “The cactus and the beetle”, dans la revue Segolily, Newsletter of the Utah Native Plant Society (3-2010).

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Glass Mountain et Sclerocactus wrightiae

Le Parc National de Capitol Reef en Utah, fondé en 1937, a pour objet principal de préserver un phénomène géologique impressionnant, un soulèvement de roches s’étirant sur une distance d’environ 160 km dans le centre-est de l’Utah. Constituée de nombreuses couches de roches sédimentaires, la croûte terrestre s’est déformée et a produit un gigantesque plissement à la suite de la poussée verticale du Plateau du Colorado. Ce plissement de la croûte terrestre est appelé le Waterpocket FoldWrightiae-1228-2010

Ce parc est un terrain de prédilection non seulement pour les géologues, mais peut-être plus encore pour les peintres et les photographes. La nature y est exceptionnellement belle, surprenante, haute en couleurs. C’est dans ses parties nord et nord-est que ce parc abrite un ensemble de paysages parmi les plus spectaculaires, des falaises multicolores, d’étroits canyons, mais aussi d’impressionnants monolithes de pierre rouge orangée. Ils sont si volumineux et si finement découpés qu’ils ressemblent à des cathédrales de pierre, d’où le nom donnée à la vallée où ils se trouvent, Cathedral Valley.Temple-Moon-1237-2010

Deux accès permettent d’atteindre cette vallée. Le plus spectaculaire en diversité de paysages est celui partant de la route 24 qui traverse d’est en ouest le parc de Capitol Reef. Cette route tout juste quittée pour une piste en terre battue, il faut d’abord traverser à gué la rivière Ford (véhicule 4×4 obligatoire, il n’y a pas de pont !), puis longer d’étonnantes et interminables collines de bentonite, s’aventurer ensuite dans le très beau et vaste secteur du Harnet avant d’atteindre l’immense territoire de Cathedral Valley. Deux des plus grands monolithes-cathédrales sont le Temple du Soleil et le Temple de la Lune. Ces monolithes sont constitués de grès à grains fins (sandstone) et d’argile dont la couleur rouge à rouge-orangée a pour simple origine des minéraux contenant du fer.
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A proximité du Temple du Soleil, on peut faire le tour de la surprenante Glass Mountain. Il s’agit d’un monticule de gypse (sulfate de calcium hydraté) qui s’est formé sous plusieurs couches de sédiments il y a près de 165 millions d’années. On estime que ce gypse étant peu soluble au contact de l’eau a été véhiculé par l’eau sous-terraine pour former à la longue cette masse compacte. Une masse que l’érosion des sédiments très friables contenus dans la vallée a fini par découvrir.

Ce monticule qui avoisine les 15 mètres de hauteur se découvre toujours avec étonnement. A quelques dizaines de mètres de distance, sa forme et surtout sa couleur peuvent faire penser à un improbable dépôt de canettes de sodas en aluminium dont les décorations auraient été décapées par les intempéries et la lumière. La roche ne s’offre véritablement au regard que lorsque elle se trouve à portée de mains, sous la forme d’étonnants feuillets plus ou moins cristallins imbriqués les uns dans les autres.

Et non loin de Glass Mountain, disséminés au gré des enfilades de falaises, de dômes, de canyons et de monolithes, entre 1400 et 1600 m d’altitude, il n’est pas rare de découvrir quelques spécimens de Sclerocactus wrightiae. On est ici dans la zone de répartition de l’espèce. Tous ces spécimens sont installés sur des sols le plus souvent plats ou très faiblement vallonnés, sablonneux et à fine texture, à découvert.

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Lyman David Benson (période 1950-1980)

Au début des années 1950, Lyman David Benson (1909-1993) est professeur d’université en Californie puis en Arizona. Il enseigne la botanique et la zoologie et a déjà publié plusieurs ouvrages, notamment The cacti of Arizona en 1940 et Trees and shrubs ot the Southwestern en 1944. Ces ouvrages l’ont conduit à poursuivre ses travaux sur les cactées et à étudier nombre de descriptions déjà publiées, l’amenant par exemple en 1951 à placer Coloradoa mesae-verdae dans le genre Echinocactus (Leafets of Western Botany. 6: 163). Quelques découvertes vont aussi nourrir et orienter ses travaux.

wrightiae-0508-2012-Capitol-ReefDes spécimens d’une nouvelle cactée sont découverts en 1961 en Utah par une habitante du comté d’Emery, Madame Dorde Wright Woodruff (Wright Fishhook Cactus Recovery Plan 1985, U.S. Fish and Wildlife Service, Denver). Elle connaît bien le San Rafael Ridge d’où proviennent ces spécimens et elle va travailler de manière informelle avec Benson à la rédaction de son ouvrage The Cacti of the United States and Canada qui paraîtra en 1982.

Benson va établir un lien entre Echinocatus mesae-verdae et cette cactée nouvelle qui va bientôt porter le nom de S. wrightiae : envergure et couleur identiques des tiges qui ont l’une et l’autre la capacité à se rétracter dans le sol durant les périodes de sécheresse, couleurs et formes des fleurs très proches, déhiscence des fruits, lesquels ne portent pas d’écaille. Seule la présence de 4 à 6 épines centrales sur cette nouvelle cactée marque une nette différence avec E. mesae-verdae qui n’en possède pas ou très rarement une seule. San-Rafael-Swell-146-2009

Homme de terrain, Benson va découvrir dans le même secteur d’autres spécimens de cette cactée qu’il décrit en 1966 dans la revue Cactus and Succulent Journal (Los Angeles) 38(2): 55-57,f. 5-6, sous le nom de S. wrightiae (Dorde Wright Woodruff, On the naming of Sclerocactus wrightiae, in Segolily, Newsletter ot the Utah Native Plant Society, 29(6): 5, 2006). Ce volume 38 du Cactus and Succulent Journal (Los Angeles) est alors important car s’y trouve publiée une nouvelle nomenclature du genre. Le genre Sclerocactus comporte six espèces : glaucus, mesae-verdae, polyancistrus, pubispinus, wrightiae et whipplei, cette dernière avec trois variétés : whipplei, intermedius, roseus. On note dans cette nomenclature l’absence du nom d’espèce parviflorus tel qu’il est retenu aujourd’hui, remplacé par celui de whipplei var. roseus (Cactus and Succulent Journal (Los Angeles), 38(3): 101).

Cette nomenclature est la bienvenue car le genre devenait difficile à appréhender comme en témoignent, par exemple, les commentaires d’un auteur anglais qui, en 1972, signe dans le Cactus and Succulent Journal of Great Britain un petit article consacré au genre Sclerocactus. Dès les premières lignes, il déplore les désaccords existants visant à identifier et à dénombrer les espèces à classer dans ce genre, d’où la nécessité, dans le cadre de son article, de s’appuyer sur la nomenclature de Benson, seule source lui paraissant valable à l’époque (Bowker, L.H. 1972. The genus Sclerocactus in Cactus and Succulent Journal of Great Britain, 34(3): 54-56).

Dans les années 1970-1980, du fait de leurs lieux de collecte, les découvertes concernent des cactées jugées actuellement comme intermédiaires entre S. parviflorus et S. whipplei ssp. whipplei. Les descriptions abondent et montrent des différences peu déterminantes ne portant que sur des longueurs ou couleurs d’épines, sur des couleurs de fleurs ou de fruits, sur des tailles et morphologies de tiges. Bien souvent, on ne sait dire si les spécimens décrits sont matures ou encore juvéniles, ce qui peut avoir une importance en terme de morphologie… Notre objectif de brosser rapidement l’historique du genre nous amène à ne donner que quelques exemples sur ces écrits (cf. tableau ci-dessous).

Cette période voit même des changements de genre, tel celui proposé par le botaniste Jerry Arp de placer Sclerocactus mesae-verdae dans le genre Pediocactus en 1972. Si la couverture d’épines et les fleurs de mesae-verdae la rapprochent de Pediocactus bradyi, les caractéristiques de ses fruits et leur déhiscence la ramènent cependant au genre Sclerocactus.

whipplei-heilii-2289-2014-SanJuanDécouvertes au Nouveau-Mexique dans le comté de San Juan, S. whipplei var. reevesii (= nom non retenu) et S. whipplei var. heilii (=S. whipplei ssp. heilii), sont décrites en 1976 dans le Cactus and Succulent Journal (Los Angeles), 48(2): 80-82 (Edward Franklin Castetter, Prince Pierce et Karl H. Schwer). Elles se voient distinguées par de petites variations affectant leur couverture épineuse et leurs fleurs respectivement de couleur rose-pourpre et pourpre à magenta. S. whipplei ssp. heilii est décrite en 1994 comme S. cloverae par Kenneth D. Heil, en 1997 comme S. whipplei subvar. aztecia par F. Hochstätter, en 2003 à nouveau comme S. cloverae par K. D. Heil & Porter (Sclerocactus in Flora of North America Editorial Committee), en 2005 comme S. whipplei ssp. heilii par David Hunt (International Cactaceae Systematics Group 20: 23). wEarle-cacti-southwest5Autres cactées observées au sud-est de l’Utah, S. terrae-canyonae (= S. parviflorus) et S. contortus (= S. parviflorus), sont décrites en 1979 par Kenneth D. Heil. Il faut aussi citer S. parviflorus var. blessingiae décrite par W. Earle en 1980, et qui correspond morphologiquement à S. intermedius (= S. parviflorus) observée quelques 30 années plus tôt (Peebles, 1949) au nord de l’Arizona, à proximité de Pipe Springs, comté de Mohave…

parviflorus0702a-2010-PipeSpringLa profusion de dénominations affectant le plus souvent l’espèce parviflorus en raison de sa variabilité ajoute certaines confusions avec l’espèce whipplei ssp. whipplei. L’aire de répartition de cette dernière est centrée sur le plateau de l’Arizona et du Nouveau-Mexique, qui se trouve dans l’immédiate continuité du plateau du Colorado. Nombre de secteurs où peut s’observer S. whipplei ssp. whipplei interfèrent naturellement plus ou moins avec les territoires où se rencontre S. parviflorus, laquelle est très présente autour de Four Corners, notamment au nord et nord-est de l’Arizona, mais beaucoup moins au Nouveau-Mexique. Dans son article Fieldnotes on Sclerocactus parviflorus (Cactaceae-Review IRT 3(2) 2000), Dave Ferguson indique que S. parviflorus peut être encore observée au Nouveau-Mexique au nord de la San Juan River et jusqu’à l’est de Shiprock, mais qu’elle est remplacée au-delà de la San Juan River, et plus au sud jusqu’à Lybrook, par S. whipplei ssp. heilii.

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Sclerocactus wrightiae

Sclerocactus wrightiae est une espèce à tige ovoïde à courte cylindrique dont les spécimens âgés peuvent atteindre 12 cm de haut et 8 cm de diamètre. Les épines centrales sont au nombre de 3 à 4 par aréole, longues de 1 à 2 cm. Celle dirigée vers le bas de la tige, souvent blanche, longue de 1 à 3 cm, comporte une pointe en forme d’hameçon. Wrightiae0577-2012Factory-Butte

Les épines radiales sont au nombre de 8 à 11 par aréole, droites, et ne dépassent pas 1,2 cm de long. Les fleurs diurnes, apicales, de forme évasée, sont typiquement de couleur crème à peine rosée ou jaune très clair à blanchâtre. Les fruits longs de 1 cm ne comportent pas d’écaille, ce qui permet sur le terrain de différentier S. wrightiae et S. whipplei ssp. whipplei dont les fruits présentent toujours quelques fines écailles souvent peu apparentes. La floraison s’étale dans son habitat de mars à mai.Dia-Epines-wrightiae2

L’aire de répartition de S. wrightiae est nettement positionnée au cœur du plateau du Colorado et de son écosystème. Elle ne se rencontre qu’en Utah. Les deux principales populations se situent dans le comté d’Emery (environs de Ferron) et dans le comté de Wayne où les plantes sont en plus grand nombre (environs de Factory Butte et North Caineville Mesa). S. wrightiae s’observe sur des sols à découvert, le plus souvent plats ou très faiblement vallonnés, sablonneux et à fine texture, calcaires ou gypseux ou basaltiques, ou encore sur des dépôts alluvionnaires, entre 1300 et 1800 m d’altitude. Il n’est pas rare de trouver des spécimens enracinés au milieu de dépôts lacustres parsemés de coquillages (Factory Butte, Utah) ou de coquilles d’huîtres (Notom, Utah). Dans le cadre d’une action menée pour la préservation de cette espèce dans son habitat (Wright fishhook cactus Recovery Plan, 1985), le Fish and Wildlife Service indiquait que S. wrightiae se rencontre aussi dans des environnements de pins et de genévriers, Pinus edulis et Juniperus osteosperma avec Bouteloua gracilis (blue grama grass).

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Pour une description plus complète et technique, on pourra se rendre sur le site de Flora of North America.

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Sclerocactus wrightiae, Mussentuchit Wash, Utah

Cette photographie de Sclerocactus wrightiae a été prise le 3 mai 2010 dans le Last Chance Desert, un drôle de nom peu engageant pour un désert. Mais un désert peut-il être engageant ? Ma réponse est oui ! Wrightiae1413-2010Ce Last Chance Desert se trouve en Utah, au nord du formidable Parc National de Capitol Reef et à l’extrémité sud-ouest du San Rafael Swell, vaste zone désertique offrant de multiples paysages dont le plus connu est celui du Little Grand Canyon. Bien qu’étant de petites dimensions aux limites du comté d’Emery, ce Last Chance Desert recèle quelques merveilles végétales très rares au rang desquelles se trouve Pediocactus despanii. C’est une autre espèce de cactée particulièrement difficile à trouver qui accompagne en quelques lieux secrets Sclerocactus wrightiae. Mais trouver des spécimens de wrightiae dans le San Rafael Swell ne signifie nullement de trouver par la même occasion des despanii. S. wrightiae y est nettement plus répandu que P. despanii.

C’est précisément dans les vastes étendues de ce San Rafael Sweel que furent découverts en 1961 les premiers spécimens de wrightiae par une habitante du comté d’Emery, Madame Dorde Wright Woodruff. Cette découverte est rappelée dans un précieux rapport qui, daté du 24 décembre 1985, a été préparé par l’Agence américaine de niveau fédéral en charge de la protection des espèces végétales et animales en voie d’extinction ou menacées de l’être (US Fish and Wildlife Service).

Ce rapport qui vise à protéger les environnements où se rencontre Sclerocactus wrightiae reste de nos jours encore et toujours intéressant quand il aborde les particularités édaphiques de cette espèce. A la différence de la plupart des espèces endémiques de l’Utah, et de presque toutes les autres espèces de ce genre Sclerocactus stricto sensu, les wrightiae ne se rencontrent pas dans des habitats caractérisés par un sol particulier ou une formation géologique unique. Les spécimens de cette espèce s’observent au contraire sur des sols appartenant à plusieurs formations géologiques, bien que celles-ci appartiennent toutes à celle, générique, appelée Schistes Mancos (Mancos Shale). Ces sols proviennent d’anciennes mers intérieures et sont formés d’alluvions que l’on retrouve en fonds et rebords de vallées entre 1300 et 2000 mètres d’altitude. C’est là que se trouvent les S. wrightiae. Des sols du type salt desert shrub, c’est-à-dire portant une maigre végétation composée presque essentiellement de broussailles désertiques et tolérantes au sel. Des sols sans ombrage comme l’illustrent bien ces photographies du 3 mai 2010. Quelques pins pignon et genévriers s’y rencontrent bien en altitude. Mais, très dispersés et de petite taille, ils n’offrent guère d’ombrage à cette terre brûlée par le soleil.

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On soupçonne sur ces photographies l’extrême finesse de la terre dans laquelle pousse ces cactées. Par endroits, il ne s’agit pas à proprement parler de sable, mais d’une terre encore plus fine, presque pulvérulente, qui a le plus souvent l’aspect d’un limon. Bien que toujours très encombrée de « cailloux » de toutes dimensions, en majorité basalte et sandstone, c’est ce type de terre fine qu’affectionnent les espèces de ces deux genres, Sclerocactus et Pediocactus.

En 1961, Madame Wright qui est botaniste et qui connait bien cette région va transmettre les premiers exemplaires au botaniste déjà renommé Lyman David Benson (1950-1980). Homme de terrain, Benson va découvrir de son côté et toujours dans ce vaste secteur du San Rafael d’autres spécimens de cette cactée qu’il décrit en 1966 dans la revue américaine Cactus and Succulent Journal of America sous le nom de Sclerocactus wrightiae. C’est ce même Benson qui va recomposer ce genre Sclerocactus dans le cours des années 1970 en y adjoignant notamment les espèces parviflorus et spinosior. A noter qu’à l’époque de la découverte de cette cactée, le genre Sclerocactus ne comptait que deux espèces, whipplei et polyancistrus. On compte aujourd’hui 16 Sclerocactus stricto sensu (Histoire du genre – Une Nomenclature en refondation).

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